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Dépendance physique : intimité et sexualité Imprimer Envoyer

M. Sauzet était présent au colloque "Dépendance physique : intimité et sexualité" organisé les 27 et 28 avril 2007 au parlement européen de Strasbourg. Il nous livre ses impressions :

"Présent et intervenant au colloque de Strasbourg sur l’intimité et l’assistance à la vie sexuelle des personnes handicapées, j’en reviens tout à fait satisfait sur la qualité des échanges et des interrogations émises pendant ces deux journées.

Un mouvement est né à partir de ce colloque qui a réuni de personnes handicapées, des parlementaires, des juristes, des représentants des associations, des professionnels et des parents.

Le sujet reste, bien entendu délicat et sensible pour tous.

Délicat, car des questions éthiques, juridiques et légales sont en jeu,

Délicat, car le respect de la personne handicapée dans ses demandes vient se confronter à la compréhension des besoins exprimés par des personnes handicapées n’ayant pas forcément les capacités à les exprimer clairement,

Délicat, car les modèles d’autres pays européens viennent se confronter à notre culture et à nos habitudes et ne sont pas forcément transférables tels quels.

Délicat, car il faut avoir le courage d’inventer pour notre pays des réponses adaptées et respectueuses de tous.

Sensible, car de nombreuses personnes handicapées parlent avec douleur de leur misère sexuelle,

Sensible, car la parole est encore verrouillée voire interdite,

Sensible, car pour les parents comme pour les professionnels le sujet est difficile à aborder.

Des pratiques existent dans les établissements médico-sociaux, des solutions ont été trouvées, toutefois ce qui se fait dans le silence, dans la crainte ou dans l’illégalité a toutes les chances de se dérouler dans un risque important pour tous.

Risques, pour les résidants d’être mal entendus dans leurs demandes

Risques, pour les professionnels de mettre en place des actions non reconnues et pour lesquels ils peuvent être mis en cause

Toutefois la réflexion progresse, le constat partagé est que la situation ne peut pas perdurer indéfiniment comme cela et que la loi, la société, l’éthique doivent prendre en considération cet aspect du respect de la vie intime des personnes handicapées.

Il me semble primordial que chacun y prenne sa place afin que les solutions trouvées, les possibilités offertes répondent aux attentes, aux souhaits et à l’éthique de chacun.

Tout lieu d’accueil et de vie de personnes handicapées doit maintenant pouvoir réfléchir sur ces questions, c’est entre bien d’autres choses, une priorité pour l’évolution humaniste de nos structures.

Des comptes rendus des échanges seront disponibles pour toutes les personnes intéressées qui n’ont pas pu se rendre à ce colloque, je ne manquerai d’informer et de transmettre à ceux qui le souhaitent."